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Système Arcadie, Secteur spatial de l'Impérium

Le Bossu - chapitre 12

5 Novembre 2014 , Rédigé par Droopy Publié dans #Le Bossu - Nouvelle

Chap 12 - Diversion

Le Tellier regarde l’affichage central de la passerelle du Prométhé. Son ami part. Il s’éloigne du vaisseau sur une route maintenant connue vers le chantier spatial ork. Il est maintenant habitué à jongler avec son robot. Cela se ressent en observant la trajectoire suivie. Derrière lui, une douzaine de systèmes visiblement bricolés suivent. L’Intelligence artificielle du vaisseau essai d’attirer l’attention de l’artilleur.

« Voici votre projet d’installation de votre canon. D’après les données extrapolées à partir des pièces d’artillerie disponibles dans ma base de donnée. Il faudrait prévoir de renforcer les structures en 3 points pour supporter les efforts avec une bonne marge de sécurité. »

« Nous n’aurions pas du le laisser partir seul ! » Coupe le Tellier.

« Il a pris sa décision. Elle est logique. Nous devons retardez autant que possible les orks jusqu’à ce que nous soyons capables de fuir. C’est ce qu’il va tenter de faire. Les plans généraux du vaisseau sont décidés, les moyens définis. Il n’a donc rien d’autre à faire. Le travail général est l’œuvre des robots sous ma supervision. De toute façon, je ne peux rien faire actuellement. Quand à la mise au point de l’armement, elle est sous votre supervision. Vous ne pouvez donc pas l’accompagner. Cette décision est donc parfaitement logique et justifiée.» Répond l’ordinateur du bord.

Le Tellier reste un long moment silencieux avant de reprendre.

« Je sais. Mais, il a une chance sur deux d’y rester... »

« Plutôt 72,6% de chance. Toutefois, arriver là où vous en êtes maintenant tiens déjà de l’ordre de l’anomalie statistique. Vous auriez du mourir depuis longtemps. » Le Tellier serre les dents de rage considérant la représentation holographique du vaisseau. Puis, il lâche :

« Le « Bossu » ! C’est comme cela que l’on devrait te nommer. Ton esprit est aussi tordu que ta coque va le devenir !!! »

« Affirmatif, la reconstruction improvisée donne à coque un aspect « tordu ». Étant donné que le vaisseau est reconstruit, il est légitime que vous soyez tenté de renommer ce vaisseau. Toutefois, il faudra l’accord du Pacha, mais aussi de l’amirauté afin d’enregistrer définitivement le vaisseau sous ce nom. Toutefois, étant une intelligence artificielle, il est peu probable que je sois doté d’un esprit... » Hurlant de rage, Le Tellier agonie d’injure le vaisseau. Ce qui le calme, un peu, à peine. Mais il est maintenant seul. Désespérément seul. Et ce n’est pas la présence d’un grille pain doté de la parole qui peut y changer quelque chose.

Lagardère essaie de ne pas se retourner. Il doit aller vers le danger ! Son esprit ne cesse de trouver des solutions alternatives ou des excuses pour faire demi-tour. Mais, il n’a pas réellement le choix. Il leur faut du temps. Et ce qu’il va tenter reste le moyen le plus efficace pour en obtenir. Le moyen le plus efficace... et le plus dangereux.

« Le courage, c’est faire ce qu’il faut quelqu’en soit les conséquences ! Bof ! Stupide ! » Lagardère essaie de retrouver la définition exacte du courage telle que cela lui a été enseigné dans le centre de formation de la marine arcadienne. En vain. Il n’arrive qu’à des approximations telles que celle ci. Plus que le danger, c’est le fait d’être seul qui est effrayant. La seule présence de ses amis était pour lui une réelle aide.

« Mes amis ? » Lagardère est étonné par ses propres pensées. Le Tellier est un être vivant et un ami. Un de ces être qui restent à vos côtés alors que tout va mal. Mais... considérer le Prométhé comme un ami. C’est surprenant ! L’intelligence artificielle est beaucoup perfectionnée que sur les vaisseaux de combat arcadien. C’est logique, il s’agit d’un vaisseau expérimental qui doit gérer des systèmes de calcul particulièrement puissants tout en compilant des masses de données imposantes. Mais, il sent qu’il y a quelque chose en plus. Il repense alors au cadavre devant le dessin d’enfant. Cet ingénieur s’est sacrifié pour les autres membres de l’équipage puissent être mis en hibernation de façon correcte. Puis, une fois seul, il a tenté de se sauver d’une autre façon. Lui et Le Tellier tenaient pour acquis que sauvegarder son esprit dans un système cognitif était impossible avec les systèmes cognitifs arcadiens actuels et donc passés. Les systèmes arcadiens sont trop primitifs pour cela. Mais, est ce certain ? Durant tout le trajet, l’arcadien ne cesse de jouer avec cet argument.

Jambe de Fer, vient de recevoir un premier lot de pièces détachées du chantier. De la ferraille, c’est tout ce que l’on peut en dire. Pourtant, les mékanos et les grots graisseurs se précipitent dessus avec enthousiasme. Lâchant une bordée de jurons, le pirate laisse ses mékano bosser. Les réparations iraient plus rapidement si la totalité de son équipage travaillaient. Mais, en ce moment, une partie patrouille avec les chassa du chantier spatial. Pire, une autre partie de l’équipage est resté en alerte aux postes de combat. Presque le quart de l’équipage est à poste dans les tourelles ou les sabords canons. Jambe de fer n’a pas confiance en Hagork. Toutefois, pour que les boyz pirates ne râlent pas, il a fait distribuer une double ration de bière de squig !

Hagork entre dans l’une des tourelles qui vient d’être réparée. Là, il surprend l’un des boyz avec une pinte de bière de squig à la bouche. Une rafale de son arme détruit la pinte. Le Boyz est statufié tous comme ses camarades. La précision du tir, et les capacités guerrières du tireur imposent un respect immédiat.

« Pas Bière, Kanons prèts à kasser pirate ! Boyz prèts à kasser pirates ! Ok ? » La question du big boss est purement informelle. Il sort de la pièce alors que les boyz, terrorisés, acquiescent avec enthousiasme. Hagork est en colère. Le pirate représente un danger. De plus, son automatik tire pas droit ! Le mékano va l’entendre ! Il visait le boyz !!!

Lagardère stoppe. Il a en visuel le vaisseau pirate et le chantier spatial. Le terme « visuel » est exagéré. Sans les senseurs installés sur le robot, il serait incapable de distinguer clairement les deux objets. Au mieux, il distingue un point lumineux qui reflète la lumière du soleil du système. Le vaisseau pirate est à 67km et c’est le plus proche. Une distance trop importante pour un homme, mais négligeable dans l’espace. Prenant son temps, il achève la programmation des engins qui le suivent. Tout son plan est basé sur un seul postulat. Les pirates et les boyz du chantier ne se font pas confiance. Si, il y a des tirs entre eux, il peut déclencher une bataille. Si le postulat est faux... C’est pour cela qu’il a choisit d’arriver selon un angle différent. Sa fuite n’attirera pas les orks vers le vaisseau. Ne préférant pas réfléchir à ce qui se passerait alors, Lagardère revérifie les données. Ce sera une attaque surprise... très lente.

Un à un, les engins accélèrent vers leur cible. Ceux qui accélèrent le plus doivent se positionner à proximité du chantier, les autres du vaisseau. Il faut près d’une heure pour qu’ils soient positionnés correctement. Leur vitesse étant très faible et leurs propulseurs inertes à ce moment, ils passent facilement les écrans de protections qui sont pourtant activés. Les derniers jets de propulseurs nécessaires à l’arrêt des engins dégagent si peu d’énergie qu’ils ne sont pas détectés par les orks. Une fois stoppé, chaque engin émet alors un indicatif radio. Ce dernier permet à chacun d’identifier sa cible. Ces signaux radio, très proches, sont détectés par les orks. Des orks qui se demandent encore de quoi il s’agit, alors que les engins tirent chacun une salve laser impressionnante vers sa cible : un autre engin bricolé par les Arcadiens. Si la décharge laser est impressionnante visuellement parlant, elle n’est pas destructrice. Les engins n’embarquent pas suffisamment d’énergie pour alimenter une vrai arme de combat. Par contre, l’effet sur les écrans de visualisation des orks est artistiquement superbe. C’est une charge explosive qu’embarque chaque engin qui devrait terminer d’alarmer les orks. Cela, en plus d’endommager le chantier et le vaisseau, devrait provoquer des combats entre les deux parties.

Le premier « tir » laser est immédiatement repéré par les boyz du vaisseau pirate et par ceux du chantier spatial. Bien que les orks n’aiment pas employer des armes laser, ils connaissent la signification des traits lumineux qui commencent à zébrer l’espace entre eux. Pour eux, il n’y a pas de doute : ceux d’en face les attaquent. Déjà en alerte, les servants des pièces d’artillerie de chaque bord déclenchent immédiatement leurs armes. Silencieusement, des obus traversent l’espace et font tomber les écrans adverses avant de fracasser les blindages. De nombreux obus, de mauvaise qualité, se brisent sur les blindages adverses avant de détoner. Les charges des engins arcadiens explosent à ce moment précis. Un hasard. La confusion est alors totale. Un moment interloqué par un tel déchainement de violence, Lagardère se reprend et en profite pour prendre discrètement la fuite. Il fait demi-tour, en s’écartant un peu d’une épave qui le masquait. Et... il manque de percuter la patrouille de chassa bomba qui rentre d’urgence. Les chassa passent à côté alors qu’il retient son souffle. Comme si le moindre bruit, le moindre mouvement pouvait le faire repérer. Alors que le robot continue sa progression du fait de l’inertie, un tir de gros fling d’une tourelle arrière de chassa bomba montre à l’arcadien qu’il a bien été repéré. Toutefois, le grot qui servait la tourelle a du être aussi surpris que lui ; il l’a manqué alors qu’il est presque immobile. Les chassa continuent de foncer vers le combat qui fait rage. Lagardère se retrouve seul. Seul, vivant et indemne. Même son robot est intact. Il reprogramme son retour. Puis il conforte sa position sur le robot qui lui sert de moyen de transport. Ses jambes sont en coton. Maintenant que le danger est parti, il perd peu à peu tout contrôle sur lui-même. Son plan a parfaitement fonctionné. Mais il ‘en a cure. Une part de lui constate avec satisfaction et un réel soulagement qu’il n’a pas uriné dans sa combinaison.

Disposant d’une meilleure coordination et d’artilleurs aguerris, les pirates arrivent à faire sauter de nombreuses tourelles d’artillerie du chantier. Mais celles ci sont beaucoup plus nombreuses. De plus, le chantier étant plus vaste. Il peut supporter beaucoup plus de dégâts que le vaisseau pirate. Il s’engage alors une course étrange entre le nombre de dégâts que peut supporter le vaisseau avant d’être désemparé et le nombre de tourelle encore en été de tirer sur le chantier avant qu’il soit désarmé. Le vaisseau d’ Hagork est toujours coincé au milieu du chantier, tout comme le big boss qui se retrouve prisonnier de sa passerelle. Toujours en réparation, son propre vaisseau ne peut pas participer aux combats, mais il attire un certain nombre de tir pirates ! Ce qui soulage d’autant le chantier spatial. Au milieu de cet échange de tir, les chassa bomba tirent alternativement sur les deux parties. Ces frelons mènent des attaques brutales dans l’inefficacité la plus totale. N’étant pas armés de missiles ou de torpilles, leurs armes de bord sont incapables de percer les blindages des deux protagonistes. De temps en temps, un bref éclair marque la collision entre un tir d’artillerie navale et un engin léger. Dans le même temps, les « Tela Tépula » téléportent de nombreux boyz d’un côté comme de l’autre. Les abordages provoquent des combats dans les coursives. Mais ces coursives subissent également des tirs d’artillerie. Les abordages ne provoquent rien d’autre qu’un supplément perte parmi les orks. Pourtant, les pirates, menés par jambe de Fer, arrivent à percer la défense acharnée de grots hystériques. Le pirate débouche alors en pleine cambuse du chantier spatial. Un tir d’artillerie pirate les y coince avant qu’ils ne puissent attaquer une autre zone du chantier spatial. Décidés à faire le maximum de dégâts, les pirates se précipitent alors vers les réserves d’alcool et y entament une buverie monumentale...

Peu à peu les tirs se font moins nombreux, d’un côté comme de l’autre, les tourelles en état de combattre se font beaucoup moins nombreuses. Au bout d’une bonne demi-heure, le vaisseau pirate est presque désarmé. Ses propulseurs sont réduits en miettes. Et seul un gros kanon continue de faire feu avec obstination. Il reste quelques tourelles encore opérationnelles sur le chantier. Mais c’est le vaisseau Blood axes d’ Hagork qui met fin au combat. Tout comme les chassa bomba, il patrouillait. Mais, moins véloce que les agiles chasseurs, il arrive seulement à ce moment. Sa puissance de feu est déterminante. Les canons de proue achèvent de désemparer le vaisseau pirate. Dans la foulée, il pivote pour présenter un flanc couvert de sabord. La bordée qui suit provoque l’explosion du vaisseau pirates. Toujours disciplinés, l’équipage Blood Axes transmet alors par radio un compte rendu de patrouille et un minutieux décompte des munitions tirées en trois exemplaires à un big boss surpris et... toujours coincé sur sa passerelle.

« Nos systèmes d’observation constatent la destruction totale du vaisseau pirate. Le chantier naval est également endommagé. Mais, les dégâts sont moins importants que lorsque vous avez lancé le vaisseau ork sur lui. Le potentiel de combat est estimé à sept tourelles de groskanon opérationnel sur le secteur qui a combattu. La capacité de réparation est estimée à seulement 37% de la capacité normale. Mais cela devrait remonter à 50% dans une semaine standard. Il y a confirmation de la destruction de quatre chassa, auquel il faut ajouter sept autres probablement détruits... » Énonce l’Intelligence artificielle en même temps qu’elle transmet les images de la bataille sur différentes consoles de la passerelle. Le Tellier se tait. Au bout d’un moment, il demande.

« Bossu ? A t’on des nouvelles du Pacha ? Les chassa ont débouché sur sa position alors qu’il se repliait. A t’on un signe de vie quelconque »

« Non, mais cela n’est pas significatif » répond le vaisseau. En silence, Le Tellier part vers la proue du vaisseau. Travailler lui permet de ne pas trop penser.

Au bout de plusieurs heures, le retour de Lagardère est signalé. Laissant tomber son travail, Le Tellier se précipite vers le sas indiqué par le vaisseau pour accueillir son ami. Alors que ce dernier est encore dans le sas, Le Tellier inonde son ami de félicitation grâce au réseau de communication. Lagardère enlève son casque, fixe la caméra du sas. Il est blanc de colère.

« J’ai merdé ! J’ai été repéré par un chassa bomba ! »

Hagork est satisfait, on vient de lui amener le boss pirate. Celui ci est tenu vigoureusement par deux balaiz boyz. Non pour l’empêcher d’attaquer quiconque, mais plutôt pour l’empêcher de tomber. Jambe de Fer est ivre mort ! Du coup, Hagork ne sait plus quoi faire. Il avait l’intention de massacrer tranquillement celui qui vient de l’attaquer, mais quelle satisfaction pourrait-il tirer en flinguant cette épave.

Un fondu de la vitesse arrive, il tient un grot par la peau du coup.

« Big Boss, Grot à moi voir kekchose !!! Et quoi voir grot à moi être bizar » Hagork laisse tomber le pirate et se tourne vers le petit grot. Celui ci semble particulièrement intimidé par le massif big boss. Ce dernier se penche et se demande ce qu’aurait pu voir cet insignifiant grot qui puissent intéresser le puissant big boss qu’il est ?

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