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Système Arcadie, Secteur spatial de l'Impérium

Chapitre 4 : Wagner

24 Octobre 2025 , Rédigé par Droopy Publié dans #Reichsburger - Nouvelle COC 2

 

 

« Tu as fait des progrès. Le tir sur cible mobile était ton gros point faible. » constate Félicien.

« J’ai attendu qu’il change de direction. Pour cela, il devait ralentir pour modifier sa trajectoire, avant d’accélérer à nouveau. De mon point de vue, cela faisait comme s’il était immobile à se moment précis. » Réponds Droopy

« Où a tu été pêcher une idée pareille ? » Demande Félicien stupéfait.

« Géométrie et physique…  »

« Bon ! Lorsque vous aurez fini de philosopher, on pourra peut-être causer boulot, non ? » Demande Squat. Usagi prend la suite avant que la discussion ne dégénère.

« Les premiers soins ont été donnés aux mercenaires blessés. Il y a peu de morts, les barbouzes de l’OTAN et « l’énarque » vont avoir de nombreuses questions à leur poser. Félicien, Armement ? »

« On a fait le plein de grenades, on des munitions pour les AK12 (1) capturées. On a même une RPK16 (2) avec un chargeur plein à poste et un chargeur de réserve. Les M14 et les munitions qui restent ont été données aux pilotes. Ils ne connaissent pas les armes russes. » Répond Félicien.

« Droopy, Guerre électronique ? »

« Les drones sont morts. Nos liaisons longue distance sont brouillées, mais pas nos liaisons locales. Notre brouilleur est meilleur que le leur, mais sa portée est plus courte que le leur. Si nous approchons, ils perdront leurs radios locales, mais ils sauront à ce moment précis que nous sommes là. Grâce au scanner, je sais qu’il n’y a pas de drone actif commandé à distance. Mais si ils en activent un, je pourrais le rendre inopérant. »

« Et s’il est indépendant ? » Demande Usagi.

« Avec une IA autonome ? Dans ce cas, on ne connaîtra leur présence que lorsqu’ils donneront l’alerte ou qu’ils nous attaqueront. Mais de tels engins fonctionnent rarement seuls. S’ils fonctionnent en essaim, notre scanner peut les détecter dès qu’ils décolleront. Le brouilleur peut rompre les communications de l’essaim et peut nous donner une chance. Mais les mercenaires sauront que nous sommes à proximité. » Usagi fronce les sourcils. Il va falloir qu’il fasse un choix. Un choix risqué. Jouer à pile ou face n’a jamais été sa tasse de thé. Que dire de la roulette russe ? D’un hochement de tête, il donne à Droopy l’ordre de continuer.

« Grâce au scanner, je peux faire une estimation des forces adverses : il y a cinq signaux qui correspondent à des véhicules, plus un servant de transport pour leur gros brouilleur tactique. Avec quatre hommes par véhicule on a environ vingt quatre hommes. On en a mis dix à terre. Il en reste quatorze. On retire un pilote par véhicule. Il nous reste seulement une dizaine de combattants à affronter. C’est une estimation à la louche, mais elle correspond aux signaux radio des véhicules détectés par le scanner. Il ne semble pas y avoir de signaux électroniques correspondant à des drones, même indépendant… » Réponds Droopy calmement. Mais, il est visible que ses blessures sont douloureuses.

« Dans quel état est tu ? »

« Contrairement aux pilotes, je peux encore me déplacer. Mais je ne pourrais pas courir !»

« Nous sommes désolés. Mais nous ne pourrons pas vous aider. » confirme l’un des pilotes.

« Vous nous avez permis de survivre à tir de missile, vous avez fait largement plus que votre part de travail » Répond Félicien magnanime.

« Vous resterez à côté de l’hélico. Vous devrez informer nos renforts de notre action lorsqu’ils viendront. »

« Vous avez un plan ? »

« On a toujours un plan ! » répond avec ironie Squat à la place du lieutenant.

 

 

(1) Version modernisée et chambrée en 5,45x39mm du vénérable AK47. Arme de dotation standard de l’armée russe et de Wagner, à partir de 2020

(2) Version fusil-mitrailleur du AK12. Dotés de chargeur tambour de 95 cartouches.

 

Droopy serre les dents, sa jambe le fait souffrir. Mais il est hors de question qu’il laisse les autres dans la mouise. Le plan d’Usagi résulte d’un constat simple. Les mercenaires de Wagner sont déjà là depuis un certain temps. Soit ils vont bientôt terminer leur mission ; soit ils vont prendre la fuite quand ils constateront que leur groupe ne revient. De toute façon, ils vont forcément partir avant de devoir affronter les renforts que ne vont pas manquer d’envoyer les barbouzes de l’OTAN. Or pour partir, il n’y a qu’une seule issue : le petit chemin qui va vers les immenses bâtiments de Prora.

Un choc avec une pierre fait remonter la douleur le long de sa jambe blessée. La sueur apparaît sur son front, mais il se tait et continue à avancer. Pour éviter de penser à sa blessure. Droopy réfléchit au plan d’Usagi. Partant du constat que les mercenaires de Wagner doivent bientôt partir, Usagi a choisi de monter une embuscade pour bloquer les véhicules. Ils ne sont pas suffisamment équipés pour attaquer à l’aveugle des effectifs plus nombreux et, il faut bien l’avouer, plus expérimenté qu’eux. Par contre, ils peuvent monter une embuscade pour les prendre par surprise. Malheureusement, pour monter cette embuscade, il faut contourner le bâtiment « Lunderdorff » pour déboucher sur le lieu prévu pour l’embuscade… C’est donc une course pour se mettre en position avant que les Russes ne lèvent le camp…

 

 

 

« Plus vite !!! Plus vite !!! » rage « Rolf ». Il est furieux. Les contrôleurs aériens n’ont pas signalé que l’hélicoptère avait soudainement disparu au-dessus de Prora. Ce qui est logique, les « hélico » des opérations spéciales font souvent des posés brutaux. Ils ont donc supposé qu’il s’agissait d’une opération de ce type. Les radios de service, n’ont pas rendu compte qu’il n’y avait plus de communication. Sans ordre précis, ils se sont contentés d’attendre une liaison qui n’est jamais venue. De la même façon, les systèmes de guerre électronique ont bien noté l’apparition d’un brouilleur individuel de l’OTAN sur leurs écrans. Apparition suivie d’un brouilleur tactique russe... Mais comme une opération spéciale était signalée, ils ont cru que cela faisait partie d’un exercice des forces spéciales. Pour les meilleures raisons du monde, et malgré toutes les informations disponibles, l’urgence n’a pas été traitée. Personne n’avait fait le lien jusqu’à ce que les mécaniciens de l’hélico, en ne revoyant pas l’hélicoptère revenir après avoir théoriquement consommé tout son carburant, donnent l’alerte.

A ce moment, Rolf, agité par un sombre pressentiment, avait demandé à ce que tout soit transféré sur son terminal. La surprise constatée face à l’inertie des services de l’OTAN n’était rien. Sa colère avait explosé lorsqu’il avait constaté que l’armée allemande ne pouvait pas envoyer d’unités spéciales en renfort : les hélicoptères étaient tous en panne ou en maintenance. Une situation malheureusement habituelle (1). De ce fait, il avait fallu faire appel aux forces de l’OTAN... qui cherchait, activement, du personnel et des moyens de transport disponibles.

Une réponse, enfin, s’affiche soudain sur son écran. Soulagé, il manque de s’étrangler en lisant ces quelques mots :

« Unités indisponibles. Faire appel aux forces allemandes locales. »

 

 

 

(1) L’armée allemande n’est pas renommée pour la disponibilité de son matériel. Par exemple, il est déjà arrivé que l’ensemble de sa marine soit bloqué à quai faute de pièces détachées. Il est même arrivé deux fois que la Chancelière Merkel doive prendre un vol civil : son avion, géré par la Luftwaffe, a dû être immobilisé pour panne… faute de pièce détachée alors qu’elle était attendue pour une réunion internationale prévue depuis des mois.

Les Allemands commandent de nombreux équipements, véhicules et armes… mais n’achètent pas les pièces détachées. Ce qui leur permet de redistribuer une meilleure part des investissements auprès de leurs industriels. Le matériel acquis n’est pas destiné au combat, mais à la revente. La seule réelle défense de l’Allemagne est l’OTAN et le parapluie nucléaire US.

« On est pas mal ici ! Le champ de tir est large, et ils ne bénéficient pas de couvert ! » constate Félicien. A ces mots, Droopy tombe littéralement. Usagi se précipite vers lui.

« Ca va Usagi. Mais il est hors de question que je participe encore à un de vos cross régimentaires ! » répond un Droopy blanc comme un linge, mais encore vaillant.

« Tu vas pouvoir jouer avec la RPK ! Encore un qui tire au flanc et qui en plus va avoir les meilleurs jouets ! C’est dégouttant !!! » fait semblant de râler Félicien.

« Au lieu de dire des âneries. Si tu me montrais plutôt comment fonctionne ton « Nerf » amélioré (1) » Demande Droopy .

 

 

« A-t-on des nouvelles de notre groupe de reconnaissance ? »

« Aucune Capitaine. » L’officier grimace. Cette opération, projetée dans l’urgence en plein territoire ennemi, ne lui plaît pas. Contrairement à son agressif subordonné, il accordait une faible confiance aux rapports des agents sur l’opposition qu’il aurait à affronter. Un groupe d’amateur ? Cela lui rappelle les rapports du GRU (2) au début des opérations « spéciales » d’Ukraine. Une opposition faiblement armée de réserviste démotivés. Ces réservistes avaient littéralement haché sa section de fusillers motorisés et les chars qui l’accompagnaient.

« Et la fouille du bâtiment ? » demande t’il.

« Toujours rien. Mais nous ne savons pas ce que nous devons chercher Capitaine » Exaspéré, le « Capitaine » lève les yeux au ciel. Comment trouver quelque chose… alors que l’on a aucun indice, aucune idée de ce que l’on cherche.

 

 

 

« On a des renforts disponibles à moins d’un quart d’heure de la zone ! » hurle avec enthousiasme un technicien des communications.

« Parfait !!! Envoyez-les sur le site de toute urgence !!! »

« A vos ordres !!! » Répond avec enthousiasme le technicien. Cette situation est non seulement embarrassante, mais presque honteuse. Enfin, c’est fini des ennuis à répétition… Soudain pris d’un doute, « Rolf » demande.

« De quelle unité s’agit-il ? »

« Une unité du génie, spécialisé dans l’entretien des bases ! »

« Les seuls renforts disponibles en Allemagne sont des peintres et des maçons ? Avec quoi voulez-vous qu’ils combattent ? Des pinceaux ??? » Le hurlement de Rolf fait rougir de confusion le technicien radio. Il semble comme vouloir s’enfoncer dans son siège. Mais Rolf n’y prête pas attention. Comment empêcher que la situation dégénère ?

 

 

L’officier mercenaire consulte sa montre. Cela fait plus d’une demi-heure que l’hélicoptère a été abattu. Les renforts de l’OTAN ne devraient plus tarder.

« On évacue !!! » ordonne t’il.

« Et nos groupes de reconnaissance ? »

« Envoyez une fusée rouge. Ils devront se replier par leurs propres moyens vers le lieu de retrait B. Nous, nous partons immédiatement »

 

 

(1) Jouet en forme d’arme pouvant lancer des fléchettes en mousse.

(2) Service de renseignements militaire russe.

 

«Une fusée rouge ! Dépèche toi Squat, ils ne vont sûrement pas tarder à bouger !!! » Hurle Félicien. Il termine de préparer une position de tir tandis que Squat bricole avec des grenades sur la route.

« J’ai presque fini !!! » Répond ce dernier en attachant la goupille d’une grenade à une fine corde.

« Dépêche-toi !!! » continue Félicien.

 

 

 

« Les véhicules quittent la zone. Ils seront là dans quelques secondes ! Est ce que Squat a terminé ?» Demande Usagi en posant ses jumelles et en prenant son arme.

«  Squat est toujours exposé ! » Réponds Droopy. Il est allongé et à pris son arme. Il vise un point sur la route, juste avant la position de Squat.

« Dépêche-toi Squat !!! » Semblant répondre à la demande générale, Squat se met soudain à courir. Arrivé sur la position aménagée par Félicien, il se jette à terre. Le convoi de Wagner arrive apparaît déjà au loin sur la route. Alors que Squat se tortille pour prendre une bonne position de tir à côté de Félicien, le convoi apparaît soudain. Le premier véhicule passe le virage en épingle choisit pour l’embuscade et passe au-dessus du « bricolage » de Squat. Une fine corde est arrachée par le châssis de cet engin. Cette fine corde est attachée aux goupilles des grenades qui sont fixées au sol. Seules deux grenades « partent » avec le véhicule… Pour les autres, l’arrachage des goupilles libère les cuillères des grenades. En « sautant » les cuillères amorcent les grenades…

 

 

 

« Et alors ? » demande Félicien à Squat. A ce moment les grenades explosent au-dessous du 2e véhicule. La majorité des éclats se perdent dans le sol ou sont stoppés par le moteur. Mais les autres traversent la fine carrosserie de métal sans être freinés. Les occupants n’ont aucune chance de se mettre à l’abri. Le véhicule n’ayant plus de conducteur conscient stoppe et bloque les autres. Félicien et Squat vident alors leur chargeur sur le premier véhicule. Le pare-brise dévie les premières balles. Cela donne juste le temps à l’officier de se coucher sur la banquette arrière. Les autres, surpris, sont fauchés avant même de réagir. Droopy et Usagi tirent sur le dernier véhicule. Placé en hauteur par rapport au convoi, Droopy et Usagi savent que la cible visée n’est pas protégée par le bloc moteur. Les balles pénètrent par le toit du véhicule qui est incapable d’offrir la moindre protection. C’est à nouveau un massacre.

Les passagers d’un des véhicules sortent et ouvrent le feu sur Droopy et Usagi. Mais ces derniers sont couchés et offrent une cible réduite. Au contraire des mercenaires qui sont debout ou accroupis. En quelques rafales, les mercenaires sortis du côté de Droopy et d’Usagi sont abattus.

Durant ce temps, le dernier véhicule tente de se déporter sur le fossé pour dépasser les véhicules de tête. Mais cela faisant, ils attirent l’attention de Félicien et de Squat. Les premières rafales arrachent le pare-brise. Mais cette fois, les assaillants sont en alerte et ils ripostent immédiatement. Du fait du mouvement du véhicule et faute d’avoir exactement repéré la position de leur adversaire, leur tir est peu précis. Félicien et Squat sont couchés et leur position est peu visible. Par contre, Félicien et Squat sont dans une position stable et le véhicule offre une cible presque parfaite. Lorsque le véhicule finit par passer devant eux, c’est déjà une épave qui ne transporte plus que des morts et des blessés graves.

 

 

 

L’officier ne peut que constater le massacre. En quelques secondes, il a jaugé de sa situation. Il ordonne à ses hommes de se rendre via la radio. En vain ! Seuls quelques survivants sont encore suffisamment valides pour répondre. Mais ceux là sont découragés et cherchent d’eux même à échapper à la mort. Les armes sont lancées et les hommes se couchent face contre terre.

 

 

« Que fait-on maintenant ? » Demande Droopy à Usagi.

« Ben... je n’en sais strictement rien » répond Usagi en observant la scène.

« J’ai même pas réfléchi à ça. »

 

 

 

 

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