Protéus : l’armée de Terre improvise pour lutter contre les drones !
Notre armée utilise depuis longtemps des robots de combats. Les principales missions sont la reconnaissance, le bombardement et la lutte anti-mine. Aussi, les réflexions sur les moyens de lutte contre ces mêmes robots font l’objet de réflexion depuis tout aussi longtemps. Même si nos armées et nos ingénieurs ont été surpris par le potentiel démontrer par les drones légers en Ukraine. De nombreux systèmes de défense ont rapidement été improvisés et mis en place par nos troupes.
Les moyens de lutte électroniques, un point fort de nos industriels, sont les premiers opérationnels. Mais dans le même temps, la troupe met en place des procédures de combat… pour les abattre avec l’armement individuel en dotation. En cela, elle remet au goût du jour des procédures mises en place lors de la première guerre mondiale ! Ensuite, des fusils à pompes avec des munitions spéciales sont achetées. Des contrats sont mêmes passés avec des clubs de tir pour entraîner la troupe de manière plus réaliste (tir contre des pigeons d’argiles ) que sur un stand de tir opérationnel.
Toutefois, il manque une protection plus puissante. Quelques véhicules sont déjà à l’étude. Grosso modo. Il s’agit d’un transport de troupe Serval équipé du puissant (30mm) et particulièrement précis canon de l’hélicoptère Tigre et d’un radar. Cet assemblage (LAD) permettrait de doter un véhicule léger (et donc mobile ) d’une puissance de feu et de capteur efficaces à partir d’éléments existants et connus. Si les premiers tests sont prometteurs, il faudra quant même un certain temps pour mettre en production et équiper les unités. Or, comme le démontre les combats Ukrainiens, il y a urgence !
Les techniciens de notre armée de Terre ont eu une idée. Dans leur stocks, se trouvent des canons de 20mm anti-aérien déclassés (remplacés par des missiles Mistral), combinés aux senseurs SANDRA des anciens lanceurs de missile Mistral (on fournit actuellement la version « 3 » aux unités ), le tout monté sur les TRM 2000 (des camions tactiques) qui partaient à la retraite permet de disposer rapidement d’un système anti-drone rustique mais disponible immédiatement. Plusieurs véhicules de ce type ont été produits et testés avec succès. Les systèmes de contrôle de tirs sont régulièrement améliorés et donnent à ce système d’arme de plus en plus d’éfficacité. Ce qui était une improvisation, devient un authentique système d’arme. Il faut noter que 18 VAB anti-aérien/drone ont été produits en urgence avec la même logique, mais sans les mêmes senseurs pour avoir un premier système de défense opérationnel.
Une version « 2 » de ce système d’arme, maintenant nommé Protéus, est à en phase de test. L’amélioration porte sur le système de contrôle de tir, qui améliore encore la visée du canon et sur le véhicule porteur (des V3P). Le but étant d’avoir un système capable de « traiter » un micro-drone jusqu’à 500m tout en gardant une capacité de feu contre des hélicoptères et des véhicules légers jusqu’à 2 000 m. C’est le 35e RAP qui est chargé des tests, la cible étant de fournir 50 véhicule dès l’année prochaine pour une mise en service immédiate. Ce qui sera d’autant plus aisé que les stocks de munitions existent déjà !
Les prochaines évolutions portent sur des munitions spécifiques contre les drones afin d’en améliorer encore l’efficacité. Il faut noter que les anciens VAB et leurs canons manuels vont être portés à ce standard. Augmentant d’autant le nombre de véhicule anti-drones disponibles.
Toutefois, il faut noter que malgré le nombre important de Protéus. Il s’agit d’engins logistiques dont la seule protection repose sur la mobilité. Il est inconcevable de leur imposer la protection d’unités sur le front. Mais là aussi, l’armée de terre semble avoir trouvé une solution. La majorité des véhicules blindés sont dotés de tourelleaux téléopérés. La munition est moins puissante (en général du 12,7mm à la place du 20mm du Protéus), mais en les dotant de senseurs adaptés (Radar proposé par Arquus , la majorité des véhicules de l’armée de terre (Griffon et Serval) disposerait de son propre système de défense contre les drones… l’armée de terre disposerait alors, pour un coût ridicule, de plusieurs milliers de systèmes de lutte anti-drone !
De quoi attendre sereinement la mise en service du Serval LAD...