L’école française à l’ère steam punk
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En 1882, l’enseignement primaire devient obligatoire. Des « maîtres » sont envoyés dans toutes les villes et tous les villages. Mais rien n’est prêt. Certains maîtres, ceux qui en ont les moyens, vont louer des locaux. Dans d’autres, les mairies mettent à leur disposition un local. Souvent il s’agit d’une pièce de la mairie ou sont entreposé les archives. Dans certains cas, les maîtres utilisent leur propre logement comme salle de classe. Les villages les plus pauvres ne peuvent que fournir une grange ou une étable. Dans ce dernier cas, si l’odeur est infecte, les animaux participent au chauffage de la pièce en hivers ! Car le chauffage est un réel problème. Les locaux disposent rarement de moyens de chauffage moderne (pour l’époque ). Et faute de moyens, les enfants doivent apporter une bûche pour se réchauffer.
Il faut bien considérer que si cela peut paraître spartiate, les conditions de logement à l’époque ne sont guère meilleures. La majorité des locaux ont des sols en terre battue. Les pièces sont sombres et mal aérées et l’étanchéité est souvent très relative y compris en ville. Mais c’est surtout l’hygiène qui pose problème. Il n’y a pas de toilette. Il faut faire ses besoins dehors. Ce qui difficile à organiser dans un groupe d’élève. De fait de tels conditions se retrouvent également dans les internats. En 1872, le lycée de Vanves est cité en exemple ! Les élèves prennent un bain par trimestre ! Les pieds doivent être lavés toutes les deux semaines !
L’école est rarement acceptée par les parents. A l’époque, il est normal de faire travailler les enfants. Ils représentent une source de revenue dans les familles ouvrières ou paysannes. Ensuite, les enfants eux même sont rarement d’accord pour venir à l’école. Les enfants se battent entre eux et font preuve d’une indiscipline totale. Leur comportement est tel, qu’on en vient à considérer que les enfants sont par essence violents voire criminels… surtout dans les milieux les plus pauvres ! Les châtiments les plus durs deviennent alors la norme. Jusqu’à l’excès. Il faudra recourir à la loi pour interdire les plus cruels ! Il faut noter que les maîtres ne font que reproduire le modèle éducatif « normal » de l’époque. Les parents utilisent les mêmes !
Si les écrivains du XIXe siècle (Zola par exemple ) ont raison de dénoncer la violence dans les écoles à l’époque. Il faut préciser que cette violence est malheureusement partout ! Il faut aussi avouer que les maître ont une charge de travail écrasante. La journée, ils ont des classes de 70 élèves de plusieurs niveaux. Ils doivent assurer la surveillance des récréations et des repas. Le soir ils assurent souvent des cours pour adultes et doivent ensuite s’assurer de l’administratif et préparer les cours à venir. Dans les conditions que l’on a énumérées, la majorité sont épuisés…
Pourtant malgré tout cela, les « hussards noirs de la république » vont apporter culture et connaissance à l’ensemble de la population française. Cette dernière va vite prendre conscience de l’importance de l’école. Et, au fur et à mesure, l’instituteur va devenir une figure centrale et respectée, avec le maire, le curé et le médecin, de chaque village et de chaque ville.