Le nouveau marqueur de la robotique militaire : le navire porte-drone ? (2)
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Si les expérimentations françaises dans le domaine de la robotique militaire permettent à notre flotte de disposer tout de suite et presque gratuitement de plus de puissance de feu. D’autres flottes ont décidé de tenter une autre approche.
Parce qu’ils n’ont pas les moyens ni le temps de mettre en ligne des groupes aéronavals opérationnels (il a fallu plus de 25 ans à la Chine pour y arriver ), l’idée est de mettre en place des navires porte-drone. Les drones volants sont une réalité depuis des décennies. Mais ils peuvent maintenant assurer toutes les missions des aéronefs pilotés (Reconnaissance, combat Air-Air, Air sol/ Surface, lutte ASM, Logistique … ). Si les capacités des drones sont (encore?) très inférieures à celles des aéronefs pilotés, ils sont aussi beaucoup moins chers et évitent toutes les dépenses et surtout les risques liés à la formation des pilotes. Par contre, l’humain reste indispensable pour la préparation des missions, la préparation et l’entretien des drones sans compter leur mise en œuvre.
La capacité militaire de tels navires et de leur flotte de drones est réelle. Mais elle dépend d’une flotte satellitaire pour la reconnaissance et surtout la mise en œuvre de ces drones. Sans les satellites, la portée utilisable de ces drones est limité à quelques dizaines de kilomètres par la rotondité de la terre. Les liaisons électromagnétiques indispensables pour piloter ces engins sont bloquées au-delà. Enfin, il faut ajouter que les drones (comme le montre la guerre en Ukraine ) sont particulièrement vulnérable à toute contre-mesure de guerre électronique. Les systèmes de brouillage à longue portée (y compris contre les satellites qui servent de relai ) sont particulièrement efficaces contre les drones.
Cette dépendance aux satellites est telle que la marine nationale étudie la possibilité de doter certains de ses navires de canon laser pour endommager les satellites ennemis !
Si ces limites sont réelles, les capacités de combat des drones sont réelles. Les tests en Turquie et en Australie ont démontré physiquement que les drones de combat aériens pouvaient à la fois voler en groupe et en groupe mixte (Ce qu’avait déjà démontré Dassault Aviation avec le drone Neuron depuis des années… mais sans avoir de commande pour raison d’économies budgétaires ! ), mais aussi d’utiliser des missiles à différentes portées face à d’autres aéronefs. Les combats Air-sol sont une réalité opérationnelle depuis des années, il est inutile de revenir dessus. Les combats Air Surface (contre les navires ) sont à la fois plus simple (pas de relief ou de végétation ) et à la fois plus complexes (grande mobilité, moyens de brouillage et de défense lourds, grosse capacité de communication qui permet aux navires de fonctionner en groupe dans tous les domaines ). Tout cela oblige les moyens offensifs à disposer d’un grand rayon d’action pour seulement arriver au contact de leur cible. Toutefois, cela oblige seulement à disposer d’essaim de drones importants (pour se partager les zones et limiter les besoins unitaires ) ou de créer des drones à grande autonomie (Ce qui existe déjà!).
Les capacités ASM implique de disposer de drones spécialisés doté d’une (très) grande autonomie. Si un sous-marin ne dispose pas de moyen de défense anti-aérien, il est très difficile à repérer. Il faut donc que les drones puissent patrouiller longtemps et disposent de moyens de détection spécialisés (radars, optronique, sonars à mouiller pour les moyens capables de voler de manière stationnaire ou de bouée ASM… ). Ces senseurs impliquent de disposer de moyens de communication particulièrement puissants pour être réellement opérationnels. Si les sous-marins ne disposent pas de brouilleurs. Ils peuvent maintenant tirer des missiles depuis une très longue distance, obligeant les drones ASM à pénetrer dans des zones qui peuvent ne pas être couvertes par des satellites ou les mettant à portée des missiles anti-aériens d’autres navires….
Comme on le voit, si un navire porte-drones dispose de moyens comparables à celui d’un porte-avion, il est aussi beaucoup plus limité et dépandant en particulier de flottes de satellite qui sont l’apanage des grandes puissances et qui seront eux même de plus en plus vulnérables. Toutefois, il est un aspect du porte-drone qui n’a pas été encore évoqué : son prestige. Quel que soit ses capacités opérationnelles, le navire porte-drone apparaît comme une grande unité particulièrement moderne. Le fait qu’elle soit financièrement plus accessible la rend particulièrement intéressante pour les politiques. Ils peuvent ainsi pavoiser et faire grands discours… De fait il est intéressant de constater que les projets les plus médiatisés pour de tels navires sont en Russie et en Turquie.