Les débuts Steam Punk de la drogue aux USA (2).
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Les débuts de l’utilisation des drogues aux USA sont directement liées aux abominables conditions de vie des soldats US lors de la guerre de sécession. Pour limiter l’impact des blessures, des souffrances physiques et morales, les armées et le gouvernement US va distribuer à tout va drogues et alcool.
Mais une fois les vétérans mis à l’écart et abandonnés. Il reste d’importants stocks de drogue à écouler… Et puis, il y a déjà une clientèle qui n’ a plus d’autre choix que d’être fidèle … jusqu’à leur trépas !
Le constat est dur. Mais si lors de la guerre, les médecins et les autorités peuvent avancer qu’elles ne connaissaient pas les risques d’addiction. Il n’en est rien pour la vente libre de drogue qui va suivre des années après. Et sur ce point, rien n’est plus marquant que de suivre l’évolution d’un des grand symbole des USA : Coca Cola !!!
Coca Cola et la cocaïne ont été liés dès le début. Comme beaucoup d’entreprises US, c’est en France qu’il faut en chercher les origines. En 1863, un chimiste français remarque que l’alcool et la cocaïne se mélangent parfaitement. Le mélange devient une nouvelle substance (Coca-éthylène ) qui a les mêmes effets que la drogue… et, en plus, l’alcool renforce la sensation d’euphorie !
Là, le chimiste français se dit qu’il y a un marché potentiel. Le vin « Mariani » est produit et mis en vente. Alexandre Dumas, Arthur Conan Doyle, Emile Zola, le pape Léon XIII… Tout le monde, et tout le « beau-monde » se délecte de ce breuvage.
La renommée de ce vin dépasse vite les frontières françaises et s’exporte en Europe d’abord. Puis aux USA. Mais, il est hors de question d’importer un vin français. S’affranchissant des droits intellectuels (on ne parle pas de moralité, mais ici d’argent ! ), le Dr John Stith Pemberton d'Atlanta reprend la recette afin de capter tous les bénéfices. Il produit et commercialise le « Pemberton's French Wine Coca » aux bons effets cumulés de coca et d’alcool de mauvaise qualité. Et, patriotisme US mis en avant, cette boisson obtient rapidement un réel succès commercial sur le territoire US. Il se passe alors une chose « amusante » en 1886. Au nom de Dieu, afin de limiter les tentations de l’alcool, le comté où se trouve l’Usine de Pemberton interdit l’alcool. Un coup dur ! Même aux USA, il est difficile d’aller dans les églises pour prêcher l’utilisation d’alcool et de drogue afin de continuer à faire des affaires… Mais un des associés de Pemberton trouve une solution. Si l’alcool est interdit, on peut toujours le remplacer par de l’eau sucrée (on ignore ce que sont devenus les stocks d’alcool de l’usine. ). Afin de bien dissocier l’alcool Pemberton de la nouvelle boisson. On décide de mettre en avant les effets récréatifs de la cocaïne (9 milligrammes tout de même d’après Science et Vie) avec un nouveau nom : « Coca-Cola ».
En 1886, les autorités sont déjà conscientes des effets nocifs d’une drogue aussi puissante que la cocaïne. Cela fait des deux décennies qu’on peut en mesurer les effets sur les centaines de milliers de vétérans de la guerre de sécession. Mais, Coca-Cola à cette époque est une boisson « cool » pour la classe la plus aisée. Cette dernière à les moyens d’avoir sa dose…
Toutefois, si Coca-Cola permet à l’élite US de consommer de la drogue à faible dose. Le marché est plutôt étroit pour l’ambitieuse entreprise. Aussi, en 1899, il est décidé de vendre du Coca-Cola aux plus pauvres. Après tout, eux aussi ont droit à leur dose de … soda. Et là, les autorités s’inquiètent !
Pour les autorités US de la fin du XIXe siècle, la consommation de drogue par les classes les pauvres, et surtout des noirs, présente un risque pour la société. En effet, lorsque les pauvres consomment de la drogue, les autorités ont pu constater une considérable augmentation de la criminalité et de la violence. C’est simple, il leur faut de l’argent pour payer leur « dose » de drogue. Mais le plus drôle (si ce n’était pas aussi désolant ) c’est que Coca-Cola à clamer à cor et à cri dans sa publicité que le Coca-Cola entends «revigorer les organes sexuels», les autorités s’inquiètent soudain du risque de viol des femmes (bien nés s’entend!) par la populace.
Le plus ridicule (ou désolant ) est à venir. Les journaux du sud du pays commencent à publier des histoire de viols de femmes blanches par des noirs rendus fou par la cocaïne. Que des femmes aisées soit violés par des pauvres est déjà insupportable pour les intellectuels aisés de la bonne société US, mais si c’est par des noirs !!! La réaction de Coca-Cola est à la hauteur des enjeux. Pour ne pas perdre ses parts de marché : la cocaïne est remplacée par plus de sucre et de la caféine en 1903.
Les autorités US seront plus lentes à réagir devant un tel risque : il leur faudra onze ans (1914) pour interdire la drogue avec une loi fédérale. Mais cela fait déjà un demi-siècle de consommation de masse.
Il est déjà trop tard. La consommation en masse de drogue aux USA ne fait que commencer.